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Harcèlement moral au travail : 7 stratégies efficaces pour en sortir

Le

Propos désobligeants, critiques, insultes, le harcèlement dans le monde professionnel est fréquent. Considéré comme la situation de souffrance au travail la plus destructrice et aussila plus traumatique, les effets dévastateurs du harcèlement engendrent également les sanctions juridiques les plus importantes. Ces dernières concernent aussi bien l’auteur que l’employeur (licenciement, peine de prison, amendes).

Les conditions de travail défavorables augmentent le risque de harcèlement. Associées à une situation économique incertaine, une mauvaise ambiance au travail crée également un terrain propice au harcèlement. Inversement, une mauvaise ambiance de travail peut aussi résulter du harcèlement qui touche les employés d’une entreprise dans laquelle les conditions de travail sont par ailleurs bonnes.

Qu’est-ce que le harcèlement moral au travail ?

La définition donnée par le code du travail en son article L1152-1 est la suivante :

« Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique et mentale ou de compromettre son avenir professionnel ».

Les termes de harcèlement moral semblent être devenus à la mode. On a tendance à les employer pour décrire toutes sortes de difficultés relationnelles entre des individus dans le monde du travail. Mais il ne faut pas confondre harcèlement moral et conflit. On peut considérer qu’il y a harcèlement lorsqu’une personne est acculée, agressée, mise en état d’infériorité et soumise à des manœuvres hostiles et dégradantes, et cela de manière constante et fréquente (au moins une fois par semaine et sur une longue période).

Lorsqu’il s’agit d’un incident isolé et que les deux parties qui s’opposent sont d’une force équivalente, on parle alors de conflit. Car les disputes, les désaccords, les affrontements passages (qui finissent par s’arranger) sont considérés comme « normaux » dans la vie professionnelle. Un conflit n’est pas un harcèlement mais le harcèlement lui, commence toujours en conflit, brimades, etc. puis arrive… le harcèlement.

Tous les conflits ne peuvent être qualifiés de harcèlement moral. Mais qui dit harcèlement moral dit toujours conflit. Il n’est pas exclu qu’une personne souvent en conflit contribue, sous une forme ou une autre, à provoquer des actes de harcèlement. La progression est insidieuse : cela va de nier la présence de la victime jusqu’à l’agresser physiquement, en passant par le déni des droits de la victime, toléré ou décidé par le personnel. On l’empêche de s’exprimer, on critique son travail ou sa vie privée, on l’isole en interdisant à ses collègues de lui adresser la parole, on lance des rumeurs.

Qui est concerné par le harcèlement moral au travail ?

Du côté de l’harceleur, plus la position hiérarchique occupée est élevée, plus le harcèlement implique des supérieurs. Dans 38 % des cas, les supérieurs sont les harceleurs. Il peut s’agir également d’un collègue qui se situe au même échelon hiérarchique, mais qui occupe une position privilégiée. La personne harcelée se trouve dans une position d’infériorité et est alors discréditée : on ne lui confie aucune tache, sauf quand elles sont inutiles ou dégradantes. Enfin, on en vient aux menaces, agressions, dégâts à son domicile, etc. Quand il y a conjonction de plusieurs facteurs, la victime risque de s’effondrer psychologiquement et de développer des malaises et des maladies psychosomatiques.

Du côté de la victime, plus on occupe une position hiérarchique basse, plus on est harcelée par des collègues. Certains traits de personnalité augmentent la probabilité de devenir victime de harcèlement. Parmi ces traits on peut citer l’ambition, la paresse, l’indélicatesse, l’esprit de compétition, le manque d’assurance, la timidité et le perfectionnisme.

Même si on observe un risque accru de harcèlement chez les personnes peu sûres d’elles dans certaines situations, les personnes qui préfèrent éviter les conflits, les individus orientés vers la performance, les personnes ayant une conscience trop grande de la justice… en aucun cas, il ne faudrait en arriver ou déplacer la responsabilité des actes de harcèlement du coupable à la victime.

Comment se défendre contre le harcèlement moral ?

Découvrez la méthode C.A.D.E.N.A.S

La victime de harcèlement a du mal à se protéger contre les attaques du harceleur. La personne harcelée se retrouve de plus en plus isolée. Elle devient peu sûre d’elle. Elle ne parvient pas à se défendre et commet des erreurs qui peuvent être utilisées pour justifier son exclusion.

Je vous livre ici une méthode qui vous donne les étapes à mettre en œuvre pour faire face au harcèlement au travail. C’est la méthode CADENAS que j’ai mis au point que je conseille à mes patients et mes coachés, pour venir à bout du harcèlement.

La méthode CADENAS reprend l’analogie du cadenas qui est une serrure mobile munie d’un arceau métallique qui permet de verrouiller une porte. On suppose que le harcèlement est une porte ouverte à la maltraitance et à la souffrance. La méthode CADENAS est un moyen mnémotechnique pour se souvenir des étapes à suivre pour venir à bout de la situation de harcèlement. Pour la personne victime, il s’agit de posséder les clés pour verrouiller cette porte et se défendre du harcèlement.

Vous êtes victime de harcèlement au travail, voici les 7 étapes à mettre en œuvre pour vous défendre et faire face au harcèlement. Vous découvrirez une chronologie du harcèlement qui va vous servir de fil conducteur pour réussir à vous en sortir :

1. Mettez en place un Calendrier de la situation !

Il faut vous préparer en réunissant toutes les preuves possibles. Car n’oubliez jamais, le harcèlement est très difficile à prouver. Car c’est souvent votre parole contre celle de votre harceleur. Pour cela, je vous invite à tenir un journal précis de la situation. Ce compte-rendu doit contenir les informations suivantes :

  • Qui a participé au harcèlement ? Qui a été témoin ?
  • Quand (date, heure) ?
  • (lieu) ?
  • Qui a fait quoi ? Que s’est-il exactement passé ? Décrivez en détail les actes de harcèlement.
  • Comment l’avez-vous vécu (réactions physiques ou psychiques liées à la santé, avec le recul) ?

Vous obtiendrez ainsi une sorte de « Calendrier du harcèlement ». Cela montrera le caractère constant et répétitif du harcèlement. Vous pourrez aussi repérer la systématique se cachant derrière ces actes et la récurrence des attaques.

Les preuves peuvent être difficiles à rassembler, certaines sont pertinentes d’autres sont à éviter.

Les preuves pertinentes :

  • Des attestations de votre médecin du travail ou de votre médecin généraliste
  • Des attestations de vos collègues de travail
  • Des attestations de témoins

Les preuves non pertinentes :

  • Éviter les preuves obtenues frauduleusement comme piéger votre harceleur en l’enregistrant. 
  • Les attestations des membres de votre famille, d’amis…

2. Mettez en évidence les Attaques du harceleur !

Cherchez le dialogue avec l’harceleur. Vous me direz que vous cherchez plutôt à l’éviter. Car vous n’êtes pas « maso » et que vous n’allez quand même pas lui donner le bâton pour vous faire battre. Mais il est important pour vous de cerner rapidement les véritables raisons de toutes ses Attaques et évoquer ensemble des solutions possibles. Surtout, gardez des notes datées de cette discussion. Si aucune solution ne se dessine, à ce moment-là, évitez le harceleur.

Parallèlement, recherchez le soutien auprès des collègues (alliés, personnes de confiance) en mettant les Attaques en évidence aux yeux des autres. Ainsi, vous évitez de rester isolé et vous gardez le cap en évitant de vous mettre dans la tête que c’est vous le problème. Car la situation professionnelle devient extrêmement difficile à supporter au fil du temps. Il est important de réagir vite et de fixer rapidement des limites claires, de se défendre et d’essayer d’avoir des discussions pour clarifier la situation.

3. Demandez de l’aide !

Tournez-vous vers des interlocuteurs internes. Informer votre supérieur hiérarchique direct (N+1). Ce dernier a un devoir d’assistance. Lorsque c’est votre propre supérieur qui est le harceleur, vous pouvez vous adresser au supérieur de celui-ci et/ou essayez de trouver un interlocuteur dans le service des ressources humaines.

L’employeur a l’obligation d’adopter les mesures permettant de prévenir ces faits et de sensibiliser ses salariés sur les problématiques liées au harcèlement moral. De plus, une fois qu’un cas de harcèlement moral se déclare, l’employeur est tenu de procéder à une enquête. Une fois que les faits sont avérés, l’employeur a l’obligation de rompre tout lien avec le harceleur.

Demander également l’intervention du comité d’entreprise (droit de recours). Les autres interlocuteurs possibles incluent les représentants du personnel et les médiateurs. On note également le médecin travail ou, le cas échéant, des instances publiques de prévention ou de protection du travail. Même l’autorité en charge de la protection du travail peut être considérée comme interlocuteur lorsque la personne harcelée n’arrive pas à trouver un quelconque soutien au sein de l’entreprise en dépit de toutes ses tentatives.

4. Relevez votre niveau d’Énergie !

Le repos et le sommeil constituent la première étape qui permet de faire le plein d’énergie. En moyenne, nous avons besoin de sept à huit heures de sommeil par période de 24 heures. Une bonne petite sieste de seulement 15 ou 20 minutes avant d’entamer l’après-midi est aussi un bon moyen de récupérer. Rappelez-vous que l’équilibre doit se retrouver en toute chose. Quelqu’un qui dort mal perd rapidement son équilibre.  A long terme, une carence de sommeil peut également causer des problèmes de santé graves

L’alimentation a également un impact majeur sur le degré d’énergie pendant la journée. Le simple fait de manger plus de portions de fruits et de légumes peut jouer un rôle sur votre humeur et votre santé. Je vous conseillé également de bien vous hydrater. Pour éviter les baisses d’énergie, elle recommande d’éviter le café et autres boissons énergisantes qui procurent une fausse sensation d’énergie qui s’ensuit d’un effet dépresseur. Vous gagnerez au centuple en énergie le temps que vous aurez investi à bouger.

Parallèlement, mettez en place des activités sources d’énergie. Les activités physiques engendrent de nombreux bienfaits. Elles diminuent le stress. Elles aident à garder une pression sanguine saine. Elles améliorent la vivacité mentale et physique. Certains exercices tels que le yoga améliorent la flexibilité. Mais la marche et d’autres exercices plus simples peuvent très bien faire l’affaire. L’importance est de rester constant.

Renouez avec vos passe-temps, activités de loisirs, discussions avec des amis,… Reconnectez-vous avec les activités vous apportant de la satisfaction.  Voilà une excellente manière de prendre du temps pour soi et de relever son niveau d’énergie.  Peut-être s’agit-il d’une activité que vous avez délaissée par manque de temps, mais que vous appréciez énormément. Si vous êtes en manque d’inspiration, je vous suggère d’essayer plusieurs activités : la peinture, la danse, la musique, etc…

5. Dites NON au stress !

Adoptez une attitude et des pensées positives.Vos pensées et vos émotions sont directement reliées les unes aux autres. Ne gaspillez pas votre énergie à vous plaindre ou à ne voir que les aspects négatifs des choses. Ce n’est nullement pas évident d’être positif quand vous êtes harcelé. Faites-vous aider par un psychologue pour gérer vos angoisses et vos émotions et reprendre confiance en vouset pour dire NON au stress. Parallèlement, commencer à apprendre des stratégies de gestion du stress (exercices de relaxation, méditation sport, etc.)

En cas de très grande souffrance, envisagez l’aide pour aller plus : soutien psychologique psychothérapie, coaching… Dans tous les cas, il ne faut pas trop attendre que cela s’aggrave. Ayez le courage de vous faire aider au plus tôt. Il faut s’y prendre au plus vite car les temps d’attente sont souvent longs.

6. Arrêtez-vous ! faites une pause !

Lorsque la santé commence à en pâtir, consulter votre médecin et informez-le de la situation au plus tôt, sans rien lui cacher :

  • En cas de vulnérabilité et de danger pour la santé, le médecin pourra prescrire un arrêt de travail afin que vous puissiez faire une « pause ».
  • En cas de danger pour la santé, optez rapidement pour un arrêt plus long, soit une mesure de réhabilitation (cure). Il faut là aussi prévoir de longs délais d’attente.
  • En cas d’arrêt maladie de longue durée, sollicitez des prestations de réadaptation professionnelle avant la reprise d’une activité afin d’éviter les rechutes qui peuvent être grave.

7. Cherchez du Soutien externe !

Lorsque les tentatives de conciliation ont échoué et que l’entreprise et que l’on ne trouve guère d’interlocuteurs internes, il faut absolument chercher des aides externes : psychologue spécialisé dans le harcèlement moral, syndicat, avocat, association d’entraide.

En cas de carence de l’employeur ou de divergence sur la réalité de cette atteinte, et à défaut de solution trouvée avec l’employeur, vous pouvez saisir le bureau de jugement du conseil de prud’hommes qui statue selon les règles applicables au référé. Le juge peut ordonner toutes les mesures propres à faire cesser cette atteinte et assortir sa décision d’une astreinte liquidée au profit du Trésor.

Pour en savoir plus sur le harcèlement moral au travail et savoir vous défendre par des experts dans le domaine professionnel et en droit du travail, inscrivez-vous à notre évènement sur le bien-être au travail. Cet évènement en ligne est 100% gratuit et aura lieu du 25 avril au 1er mai 2021.

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